Perdre la boussole

vendredi 23 novembre 2012 10:12

Par Isabelle Langlois

Indiana Jones n’est plus le seul à parcourir le monde à la recherche de trésors. Mariage de technologies, d’agilité et d’émotions fortes, le géocaching offre à tous leur dose d’aventure. Muni de son GPS, le géocacheur tente de débusquer les « caches » tant convoitées. Camouflés dans la nature, ces contenants sont l’objectif ultime à atteindre. Une activité émergente qui mène ses joueurs à deux pas de chez soi ou aux confins de la savane.

« Le géocaching peut vite devenir une obsession », avoue d’emblée Jocelyn Bernard, le deuxième meilleur géocacheur du Québec avec près de 25 000 caches à son actif.  Pour assouvir ses envies de prospection et afin de garder sa place au sommet du classement, il n’hésite pas à parcourir des milliers de kilomètres. «J’ai dernièrement été au Nevada et en Utah pour quelques précieux points», déclare-t-il. Pour lui, le géocaching est un moyen d’enrichir un voyage ou encore de le déclencher. «Ces expéditions me permettent de voir de beaux paysages et des villes que je n’aurais jamais visitées autrement.», raconte-t-il.

Classées en cinq niveaux de difficultés, les caches s’adaptent au rythme du joueur et à l’effort physique qu’il veut y consacrer.  «Le niveau un est une cache qui peut se rechercher en voiture, le niveau trois implique du cardio et les niveaux quatre et cinq  en montant sollicitent beaucoup d’habilités physiques et une bonne forme», soutient Jocelyn Bernard. L’adaptation du joueur est d’ailleurs l’une des clés du succès. « Selon l’endroit, je dois me préparer en conséquence et le géocaching  me permet d’apprendre de nouveaux sports tels que l’alpinisme ou le canot. Il m’est arrivé de trouver une cache en plein milieu d’une rivière ou sur une paroi rocheuse », mentionne-t-il.

Selon le président de l’Association québécoise de Géocaching, Lambert Paquette, le sport se pratique désormais à l’échelle planétaire. «Des caches sont localisées dans le Grand Nord canadien, derrière des chutes ou au centre de déserts arides. Il y en a même une au sommet de l’Everest et une autre sur la station spatiale», lance-t-il. Peu importe leur localisation, les coordonnées géographiques des caches sont inscrites sur les sites des associations de géocaching et il ne suffit qu’au joueur à choisir celle qui l’intéresse.

Le sport a vu le jour au début des années 2000 aux États-Unis et n’a cessé de gagner en popularité. «Il y a huit ans, il n’y avait que 300 caches au Québec. Désormais, on en retrouve plus de 30 000» affirme Lambert Paquette, non sans un brin de fierté. Pour lui, c’est la commodité du sport qui lui a attiré nombre d’adeptes. Peu coûteux et accessible à l’année, les avantages du géocaching sont indéniables. «On peut pratiquer cette activité même en collectivité. La communauté des géocacheurs organise régulièrement des évènements où tous se rassemblent pour repérer des caches», vante-t-il.

Pour Audrey Jacques, une jeune étudiante universitaire, ce passe-temps n’entraîne pas seulement les muscles. «Le géocaching m’a permis d’en apprendre beaucoup sur l’orientation, confie-t-elle. Il faut savoir suivre les directions, calculer l’altitude et connaître ses points cardinaux. Le GPS ne fait pas tout le travail». L’étudiante y voit aussi une façon de renforcer l’estime de soi. «Lorsque je trouve une cache, je suis tellement fière! Je me sens comme une exploratrice qui a réussi sa mission. J’aime laisser ma trace dans la cache pour dire aux prochains qui la trouveront : j’étais là moi aussi».  La soif de nouveaux défis pousse Audrey à aller toujours un peu plus loin dans sa quête d’adrénaline. «Chaque fois que je pars à la recherche d’une cache, je pars à l’aventure vers l’inconnu.»

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