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lundi 14 novembre 2011 1:06

Par Ariane Thibault-Vanasse

GIRL, The Loodies, deep-sea-flowers, Blue Eyes: que de nouveaux groupes américains émergents, me direz-vous!

Erreur. Ces groupes à sonorité anglophone proviennent du Québec. Tout ce qu’il y a de pur laine. Ces artistes tournent le dos à leurs prédécesseurs qui ont mis la table afin qu’il soit possible au Québec d’être populaire en chantant français. Je parle ici de Gilles Vigneault, Félix Leclerc ou Claude Léveillée, qui ont réussi à se faire connaître du grand public malgré leurs choix linguistiques. Phénomène sociopolitique que de chanter dans la langue de Shakespeare au détriment de celle de Michel Tremblay?

J’ai demandé à Rémi Gauvin, leader du groupe deep-sea-flowers, pourquoi l’anglais a été priorisé pour transmettre son art. Son ancien groupe, Projet Jeudi, composait en français pourtant. «En raffinant ma composition musicale je me suis rapidement senti limité par le français, avance-t-il. Non pas que le français fasse de la mauvaise musique, au contraire! L’anglais est beaucoup plus modelable et s’adapte d’emblée avec mon style indie-folk, mouvement provenant d’ailleurs originellement des États Unis et de l’Angleterre.» Ce faisant, n’y aurait-il pas une certaine paresse à l’égard du français? Ne faudrait-il pas prendre davantage notre temps pour bien «modeler» notre langue au lieu de s’attaque d’emblée à l’anglais, dialecte soi-disant plus facile?

Par ailleurs, le jeune artiste, qui tient ses influences de grands artistes tels que Arcade Fire, Jimmy Hunt, Bon Iver et Ernest Hemingway, n’est pas au bout de sa création. Son objectif reste d’écrire en français en respectant son style musical. S’il y arrive, dit-il, il touchera un niveau artistique bien plus profond dans l’écriture de ses textes. Normal, c’est sa langue maternelle après tout!

Crédit photo : Raphaëlle Bonin

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