Ode à ma lapine

lundi 14 novembre 2011 11:24

Par Arnaud Stopa, chef de pupitre Société

J’aime ma lapine. Cette petite boule de poils brun et blanc qui court chez moi. Que je flatte et qui me lèche la main en retour. Qui a son caractère râleur et jamais contente, au point de me bouffer mes câbles électriques. Sans elle, je suis un frustré de la vie, une Amy Winehouse sans whisky, un Mickael Jackson sans enfants.

Ceux qui me lisent ont un sacré problème de voyeurisme, à se demander où mène cette chronique. Mais voilà, je suis attaché à mon animal, comme on peut être attaché à un loisir ou une drogue. Et cette « dépendance » amènent les critiques: pourquoi passes-tu autant de temps avec ça? N’as-tu rien d’autre dans la vie? Ne vois-tu pas que ça te pourrit l’existence? Toutes accoutumances semblent mauvaises.

Un homme absorbé dans son travail n’est plus ambitieux, mais workcoholic. Une femme qui exagère ses séances de gym ne veut plus être en bonne santé, elle est bigorexique. Un homme fusionnel avec sa blonde n’est plus amoureux, mais dépendant affectif.  Un adolescent qui chill devant sa Wii à fumer des joints n’est plus un jeune con, mais un délinquant toxicomane dangereux. Et j’en passe des meilleurs…

Pourquoi notre société s’efforce-t-elle de nous faire culpabiliser plutôt que d’accepter notre humanité? Nous avons des faiblesses et des doutes, nous nous réfugions dans ces dépendances pour les surmonter et survivre.

Loin est le temps où notre pensée était l’apanage de l’Église, où le bonheur se trouvait dans l’aseptisation d’une vie pauvre et pècheresse. Aujourd’hui, nous vivons dans l’opulence sans honte. Nulle religion ne fait l’apologie de l’excès, sauf celle des temps modernes, le capitalisme. Mais si nous voulons vivre pleinement, il faut dès lors couper le cordon éthique d’avec la morale chrétienne. Alors là, j’aurais moins l’air cave à parler de ma lapine tout le temps.

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