L’or au cou… mais pas dans les poches

dimanche 27 janvier 2013 7:35

Par Maxime Van Houtte

Carey Price, Tiger Woods et Lebron James : les exemples d’athlètes qui font fortune dans la pratique d’un sport ne manquent pas. Ce n’est toutefois pas le cas des sportifs amateurs qui, malgré leurs performances en coupe du monde ou aux Jeux olympiques, doivent souvent mettre autant, sinon plus d’efforts à la recherche de commanditaires que dans la pratique de leur passion.

Pour atteindre un plus haut niveau compétitif, les athlètes doivent constamment bénéficier de subventions et de bourses. Avec des coûts élevés liés à l’entrainement et à la compétition, ces montants sont essentiels et permettent de joindre les deux bouts. «Ces montants d’argent font une énorme différence dans la vie d’un athlète puisque c’est comme un salaire,» affirme la plongeuse et médaillée olympique Roseline Filion. Cet argent n’est cependant pas toujours facile à trouver, puisque son attribution se fait strictement en fonction des performances en compétition. Ce sont en grande partie les compagnies privées qui viennent en aide aux athlètes de haut niveau. Ces commanditaires sont toutefois souvent hors d’atteinte pour les sportifs amateurs puisque les entreprises aiment obtenir de la visibilité en retour.

Les entreprises ne sont pas les seuls à subvenir aux besoins des athlètes. Les gouvernements québécois et canadien ainsi que divers organismes privés jouent eux aussi un rôle clé. La Fondation d’athlètes d’excellence du Québec (FAEQ) permet aux compagnies de contribuer à l’épanouissement des athlètes, sans être tenu de signer de contrat avec l’un d’entre eux. Selon Xavier Desharnais, nageur en eau libre aspirant aux Jeux olympiques de 2016, les fondations comme celles-ci sont vitales. «C’est grâce aux fondations et organismes qu’on réussit à faire le bout. Sans eux, nous n’aurions pas les moyens financiers pour maintenir notre excellence», affirme-t-il.

Les grandes fédérations sportives font elles aussi leur bout de chemin. «Dans la majorité des cas, lorsqu’un athlète en plongeon se qualifie pour une compétition internationale, la fédération nationale – Plongeon Canada – couvre les frais», poursuit Roseline Filion. Malgré une recrudescence de tels contributeurs, les athlètes amateurs d’ici ne roulent pas sur l’or. «Ce qui est dispendieux, c’est les compétitions à l’extérieure de la province et du pays. En plus, en plongeon, il y en a beaucoup», conclut-elle.

Même si le financement est au rendez-vous, la peur de se blesser est omniprésente. Une blessure est suffisante pour vider les poches d’un athlète. «Les blessures sont le pire ennemi des athlètes, si celui-ci ne réussit pas à s’en remettre rapidement, il est probable qu’il sombre dans l’oubli», commente Sébastien Boucher, analyste au Réseau des sports (RDS). Un cas notoire est celui du skieur albertain Jan Hudec. Celui-ci a été blessé à de nombreuses reprises et ses performances n’étaient plus à la hauteur. Canada alpin a donc cessé de le financer.

Un autre problème auquel font face les athlètes amateurs est le manque de visibilité dans les médias. Certains sports ont la chance de bénéficier d’une meilleure cote de popularité que d’autres auprès du public. C’est le cas du plongeon, par exemple, qui a gagné en popularité ces dernières années. «Le phénomène Alexandre Despatie et Émilie Heymans en plongeon permet à mon sport d’avoir une visibilité monstre dans les médias. Grâce à leur succès, ils ont réussi à susciter l’intérêt du public et les compagnies ont davantage le goût de s’associer au sport», affirme Roseline Fillion. Ce ne sont cependant pas tous les sports qui bénéficient du même avantage. Xavier Desharnais est confronté à une telle situation puisque la nage en eau libre est méconnue. Selon lui, les difficultés à obtenir des commandites ainsi que la faible couverture médiatique sont des phénomènes directement liés. «C’est sûr que ça a un énorme lien avec la visibilité. Si les Canadiens de Montréal étaient une équipe de natation, je ne crois pas que j’aurais les mêmes problèmes», plaisante le nageur.

Sébastien Boucher soulève toutefois une autre problématique. «Avec le lock-out dans la Ligue nationale de hockey, plusieurs personnes auraient aimé voir davantage de variété sur nos ondes. On ne réalise pas assez l’ampleur des sports amateurs», conclut le reporter.

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