L’École des huit secondes

vendredi 8 mars 2013 1:00

Par Nathanaëlle Vincent

Dans quelques semaines, beaucoup de jeunes Québécois rangeront avec un brin de nostalgie leurs bâtons de hockey et leurs patins en attendant de les ressortir l’hiver prochain. Pour d’autres, c’est une saison d’une tout autre nature qui débutera. Les casques sont prêts, les bottes aussi. Objectif ultime : tenir huit secondes, pas une de moins, sur un cheval en furie ou un taureau sauvage. Discipline en plein développement au Québec, le rodéo attire un nombre croissant de jeunes.

 

Dans son village du Témiscamingue, tout le monde connaît Billy Larochelle. Le colosse de 18 ans s’est fait un nom dans les compétitions équestres régionales et il est devenu le porte-étendard des cow-boys de la relève. Après les épreuves de vitesse et d’agilité équestre, Billy a décidé de faire le saut et de s’initier au rodéo. «Je suis né dans le monde des chevaux, explique celui dont le père possède une écurie. Quand j’ai découvert le rodéo, lors des compétitions, ça a été le coup de foudre. J’ai commencé par monter des veaux, puis, il y a trois ans, j’ai eu la chance d’essayer la monte du taureau.» Depuis, il a convaincu quatre de ses amis de prendre part avec lui aux compétitions régionales, de plus en plus nombreuses. On compte aujourd’hui 35 spectacles de rodéo par année au Québec.

 

Bien implanté aux États-Unis et dans l’Ouest canadien, le rodéo est pourtant un phénomène récent dans la Belle Province. Il y a 40 ans, de premières tentatives sont lancées, mais de façon peu structurée et sans véritable réglementation. «C’était un peu le Far West», lance, sans mauvais jeu de mots, le directeur du rodéo du Festival western de Saint-Tite, Sylvain Bourgeois. En 1993, il rentre au Québec après une carrière de compétiteur professionnel dans l’Ouest. Il décide alors de prendre le taureau par les cornes afin de mettre en place un véritable circuit de rodéo au Québec. Il crée sa propre compagnie, Wild Time Production, au slogan évocateur «Nouvelle génération d’une vieille tradition». En plus de proposer des spectacles de qualité et de trouver du bétail pour les compétitions, le retraité de la terre battue se fixe pour mandat d’assurer la relève, en initiant des jeunes qui pourront prendre part aux compétitions et reprendre le flambeau.

 

Monter un cheval sauvage ou un taureau de 1800 livres requiert toutefois une solide technique et une bonne formation. Il y a 13 ans, Sylvain Bourgeois, en partenariat avec le festival de St-Tite, a mis sur pied une école de rodéo, seule du genre au Québec. Alors qu’une dizaine de participants s’étaient inscrits lors de la première édition, ils étaient 90 l’année dernière, dont Billy, à prendre part à l’expérience. Au programme de la fin de semaine de formation : cours théoriques, entraînement sur un taureau mécanique puis monte des animaux. Selon la discipline choisie, les élèves montent un cheval avec ou sans selle, un taureau sauvage ou encore un veau pour les moins de 15 ans. Venus des quatre coins de la province, les participants, âgés de 8 à 30 ans, étaient pour la plupart des néophytes. «Beaucoup de jeunes ont vu ça à la télé et viennent ici pour réaliser un rêve. Mais c’est beaucoup plus stressant dans la réalité, explique Sylvain Bourgeois. Nombreux sont ceux qui, après la première journée de théorie, décident de ne pas monter.»

 

Pour ceux qui osent se lancer dans l’aventure, il faudra des dizaines d’heures de pratique avant d’espérer rester en selle au-delà des huit secondes réglementaires et apprendre à réagir rapidement une fois tombé au sol. «Un cheval, quand tu tombes en face de lui, il t’évite. Ce n’est pas le cas du taureau, dont les pattes et les cornes peuvent facilement te tomber dessus», précise le président de l’Association des Cowboys de l’est du Canada, Gino Perron.

 

Entre danger et bénéfices

 

Ce dernier entraîne plusieurs jeunes qu’il emmène dans des compétitions. Il voit le rodéo comme un remède à la délinquance ou à l’hyperactivité. «Ça fait bouger les jeunes et ça permet de passer leurs frustrations», explique-t-il. Même son de cloche du côté de  Sylvain Bourgeois qui travaille depuis quelques années à la mise en place d’un programme Sport-études axé sur le rodéo. «C’est probablement l’un des meilleurs sports pour évoluer et développer une certaine maturité», affirme Sylvain Bourgeois, visiblement toujours aussi passionné après 25 ans dans le métier. C’est un sport de grands espaces, de liberté, qui permet d’être proche de la terre et des animaux. L’esprit familial est très présent et malgré la compétition, il y a un esprit de camaraderie et d’entraide.»

 

Aux parents inquiets de voir leur adolescent se lancer dans la pratique de ce sport extrême, Sylvain Bourgeois répond que c’est en effet un sport dangereux, mais pas plus que le ski alpin ou acrobatique. Il y a, certes, des fractures et parfois des accidents mortels, mais l’encadrement et la réglementation ont beaucoup progressé. Le port du casque est à présent obligatoire et on s’assure de dissuader les têtes brûlées ou les jeunes trop casse-cou.

 

De son côté, Billy Larochelle a réussi à convaincre ses parents qui n’étaient, à l’origine, pas vraiment enchantés à l’idée de voir leur fils dompter des taureaux. «Ils ont fini par comprendre que j’étais sérieux. Mon père m’a dit qu’il préférait que je fasse du rodéo plutôt que de la drogue», affirme-t-il. Le jeune cow-boy a d’ailleurs déjà planifié participer à l’école de rodéo en mai prochain et compte bien prendre part un jour au grand rodéo du Festival western de St-Tite qui attire chaque année une foule de plus en plus jeune et nombreuse.

 

 Crédit photo Andréanne Lebel

4 Comments

  • mélanie

    mon chum veut apprendre probablement l’échange de cavalier mais il est en bas de l’échelle,nous cherchons un endroit ou il pourrait avoir un  »cours » nous sommes a montreal,donc si vous en connaissez un pas trop loin……;)

  • Alexandre

    Bonjour,
    J’aimerais savoir si vous donner des cours de bull rider ou des chevaux sauvages.
    Si oui combien ou si non ou je pourais m’informer.
    J’ai 38 ans.
    MERCI

  • Jimmy giroux

    Je me cherche une bonne école pour en apprendre davantage sur la monte des tauro sauvage jai grandie sur un ranche plus jeune j’ai fait la monte des mouton la monte de ponny et après les bouvillons et maintenant a 30 ans j’ai la picurre et jaimerais en apprandre plus

  • Stéphane Fafard

    Je cherche un endroit pour apprendre a faire du rodéo, j’ai 45 ans en cours de groupe ou en privé

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